Des coûts de construction aux taux hypothécaires : l’effet d’entraînement dans le secteur immobilier
L’élection présidentielle américaine de 2024 a une nouvelle fois placé les projets de droits de douane de Trump au cœur des débats économiques, ce qui pourrait avoir des répercussions sur le marché immobilier canadien. Les droits de douane proposés par Trump pour 2025 pourraient faire naître de nouveaux défis financiers pour les propriétaires et les promoteurs immobiliers, avec des répercussions sur tous les aspects, des coûts de construction aux taux hypothécaires.
Bien que ces droits de douane soient actuellement suspendus jusqu’au 6 mars 2025, l’incertitude qui pèse sur les relations commerciales entre les États-Unis et le Canada influe déjà sur les conditions du marché. S’ils étaient mis en œuvre, des droits de douane de 25 % sur la plupart des importations canadiennes (10 % pour l’énergie) pourraient se répercuter sur l’ensemble de l’économie, entraînant une hausse des coûts des matériaux de construction. Cela pourrait potentiellement faire grimper les prix de l’immobilier et influencer les taux hypothécaires.
Quelles en sont les conséquences pour les acheteurs immobiliers et les promoteurs canadiens ? Les taux d’intérêt vont-ils augmenter ou baisser en réaction à une éventuelle contraction économique ? Et comment devriez-vous vous préparer à l’éventualité de perturbations commerciales?
Voyons en détail ce que vous devez savoir sur les droits de douane de Trump pour 2025 et leur impact sur le marché immobilier canadien.
Hausse des coûts de construction et de rénovation
L’une des conséquences les plus immédiates que les droits de douane proposés par Trump pour 2025 pourraient avoir sur le marché immobilier canadien réside dans la hausse des coûts de construction. De nombreux matériaux de construction essentiels, tels que le bois d’œuvre, l’acier, l’aluminium et les composants électriques, proviennent des États-Unis ou transitent par ce pays avant d’arriver au Canada. Si des droits de douane sont imposés, la hausse des coûts liés aux importations américaines sera probablement répercutée sur les promoteurs immobiliers canadiens et, en fin de compte, sur les acheteurs et les locataires.
Pour les propriétaires qui envisagent des travaux de rénovation, cela signifie qu’ils pourraient devoir payer nettement plus cher les matériaux et la main-d’œuvre. Tous les postes, des revêtements de sol aux cloisons sèches en passant par la toiture et les appareils électroménagers, pourraient connaître des hausses de prix. Les promoteurs immobiliers proposant des appartements en pré-vente et des maisons neuves doivent également en tenir compte : la hausse des coûts pourrait entraîner des retards, des augmentations de prix, voire l’annulation de certains projets.
Par ailleurs, si le Canada riposte en imposant ses propres droits de douane sur les produits américains (comme on peut s’y attendre), le coût des matériaux importés pourrait encore augmenter, ce qui aggraverait les difficultés liées à l’accessibilité financière. Pour les acheteurs, cela pourrait se traduire par une baisse du nombre de logements neufs construits ou par une répercussion des coûts plus élevés sur les consommateurs par les promoteurs immobiliers.
Alors que le marché immobilier est déjà mis à rude épreuve par les préoccupations liées à l’accessibilité financière, une hausse des coûts de construction pourrait ralentir les nouveaux projets immobiliers et exercer une pression à la hausse sur les prix de l’immobilier sur le marché de l’occasion, l’offre devenant encore plus limitée.
Impact potentiel sur les prix de l’immobilier
Alors que le coût des matériaux de construction augmente inévitablement sous le poids de ces droits de douane, on peut affirmer sans risque que les prix de l’immobilier vont connaître des bouleversements. La hausse des coûts des intrants signifie que les promoteurs pourraient être contraints de répercuter ces dépenses sur les acheteurs, ce qui rendrait les logements neufs encore plus chers. Cela mettrait encore davantage sous pression un marché qui souffre déjà de problèmes d’accessibilité financière, en particulier dans des villes comme Toronto et Vancouver, où la demande dépasse systématiquement l’offre.
Pour les acheteurs immobiliers, la perspective de devoir payer encore plus cher pour un bien immobilier sera difficile à accepter. Ceux qui souhaitent entrer sur le marché pourraient se heurter à la triste réalité de ne plus pouvoir se permettre d’acheter, tandis que les propriétaires actuels pourraient voir la valeur de leur bien augmenter, profitant ainsi de la pénurie de logements disponibles et de la pression à la hausse sur les prix.
Pour les investisseurs immobiliers, la voie à suivre relève d’un équilibre délicat. D’une part, la hausse des prix de l’immobilier pourrait entraîner un ralentissement de la demande, les acheteurs potentiels étant écartés du marché en raison de l’escalade des coûts. D’autre part, ceux qui détiennent déjà des biens immobiliers pourraient voir leur patrimoine prendre de la valeur, à mesure que l’offre se resserre et que la concurrence pour des logements en nombre limité s’intensifie.
Mises à jour des taux d’intérêt
Une fois que la poussière soulevée par ces droits de douane se sera dissipée, tous les regards se tourneront vers les taux d’intérêt, et plus particulièrement vers la manière dont ils seront influencés par l’évolution du contexte économique. Face au risque d’une hausse de l’inflation due au renchérissement des produits importés, la Banque du Canada sera confrontée à un choix difficile : relever les taux pour maîtriser l’inflation, ou prendre le risque d’une stagflation, c’est-à-dire une situation où une inflation élevée coexiste avec un chômage élevé et une croissance atone.
Si l’inflation venait à flamber en raison de ces droits de douane, les taux d’intérêt pourraient augmenter plus rapidement que prévu. Cela pourrait se traduire par une hausse des mensualités pour les propriétaires ayant contracté un prêt immobilier à taux variable. Une hausse soudaine des taux pourrait prendre de nombreux particuliers au dépourvu, en particulier ceux qui se sont habitués à des coûts d’emprunt plus bas ces dernières années. Pour les investisseurs immobiliers, l’impact sera tout aussi important. La hausse des coûts d’emprunt pourrait réduire les marges bénéficiaires, en particulier pour ceux qui recourent à des investissements à effet de levier pour financer leurs biens immobiliers.
Cependant, les répercussions de ces droits de douane ne sont pas unidimensionnelles. Si l’économie américaine se contracte en réaction à des mesures de rétorsion, la Banque du Canada pourrait être contrainte d’emboîter le pas et de réduire ses taux afin de soutenir la croissance économique, contrebalançant ainsi une partie de la pression à la hausse sur les coûts d’emprunt. Ce véritable exercice d’équilibriste économique amènera tant les propriétaires que les investisseurs à tenter d’anticiper les revirements sur les marchés immobiliers, dans l’espoir de garder une longueur d’avance dans cet environnement turbulent.
En cette année marquée par une grande incertitude, ceux qui évoluent dans le secteur du crédit immobilier devront faire preuve de souplesse et rester bien informés — car en matière de taux d’intérêt, personne n’est à l’abri de la tempête.
Conséquences sur le secteur canadien de la construction et de l’aménagement
À mesure que les droits de douane de Trump entrent en vigueur, le secteur de la construction est l’un de ceux qui risquent de ressentir le plus immédiatement les conséquences. Les États-Unis imposant des droits de douane plus élevés sur certains matériaux — l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre —, le coût d’importation de ces matières premières essentielles au Canada pourrait monter en flèche. Cela signifie que tous les projets, qu’il s’agisse de nouveaux programmes immobiliers ou de travaux de rénovation, pourraient être retardés ou s’avérer plus coûteux que prévu initialement.
Pour les constructeurs et les entrepreneurs, cette charge financière supplémentaire pourrait les contraindre soit à augmenter leurs prix, soit à revoir le calendrier de leurs projets. Les projets de construction de logements neufs pourraient être ralentis, les promoteurs devant s’adapter à un approvisionnement imprévisible ou s’efforcer de trouver des alternatives plus abordables. La hausse des coûts de construction pourrait également être répercutée sur les acheteurs, entraînant une augmentation encore plus forte des prix des logements neufs.
Non seulement les projets résidentiels en subiront les conséquences, mais les promoteurs immobiliers commerciaux pourraient également être pris au dépourvu. Tout projet d’infrastructure reposant sur des matériaux d’origine américaine pourrait connaître des retards similaires. Et n’oublions pas l’impact sur les travaux de construction du secteur public : des ponts aux logements sociaux, tous ces projets pourraient voir leurs délais s’allonger à mesure que les prix grimpent en flèche.
En résumé, le secteur de la construction au Canada se prépare à faire face à une toute nouvelle vague de difficultés. Si ces droits de douane ne sont pas rapidement contrés ou compensés par des solutions alternatives, les répercussions pourraient se faire sentir pendant de nombreuses années.
L’impact global sur le secteur immobilier canadien
Les répercussions des droits de douane instaurés par Trump en 2025 pourraient bouleverser le secteur immobilier canadien. Voici un bref aperçu des conséquences possibles.
- Hausse des prix de l’immobilier : compte tenu de l’augmentation des coûts de construction, il faut s’attendre à une hausse des prix des logements neufs et, éventuellement, des biens immobiliers rénovés.
- Pénuries d’approvisionnement : les retards dans les importations de matériaux pourraient entraîner des pénuries, affectant aussi bien les nouvelles constructions que les projets d’entretien.
- Réticence des investisseurs : ceux-ci pourraient reporter certains projets en raison de l’incertitude liée aux coûts des matériaux et aux fluctuations du marché.
- Pression sur les crédits immobiliers : la hausse des prix de l’immobilier pourrait entraîner une augmentation des taux hypothécaires, rendant ainsi l’accès à la propriété moins abordable pour beaucoup.
- Conséquences sur le marché locatif : la hausse des coûts de construction pourrait freiner la construction de nouveaux projets locatifs, ce qui risquerait d’entraîner une augmentation des loyers, tant pour les locaux commerciaux que pour les logements.
- Évolution du marché : compte tenu des ralentissements potentiels dans la construction, on pourrait assister à un recourcement vers l’achat de logements existants, ce qui renforcerait la concurrence sur le marché de l’immobilier d’occasion.
En conclusion ? Le marché immobilier canadien pourrait connaître une période marquée par des pressions inflationnistes, un ralentissement des projets immobiliers et une incertitude accrue pour les acheteurs et les investisseurs. Il sera essentiel de suivre de près les ajustements politiques et les nouvelles évolutions en matière de droits de douane pour bien cerner ces défis.
Laissez-nous vous aider à traverser cette tempête
Les répercussions négatives potentielles des droits de douane imposés par Trump en 2025 sur le marché immobilier canadien constituent à la fois des défis et des opportunités pour les propriétaires et les promoteurs immobiliers. Comprendre les implications économiques plus larges et vous tenir informé peut vous aider à prendre des décisions stratégiques.
Chez Canopy Mgmt, nous comprenons à quel point ces incertitudes économiques peuvent être pesantes, notamment en ce qui concerne vos investissements immobiliers. Que vous souhaitiez adapter votre stratégie ou vous tenir informé des tendances du marché, nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape.
N’hésitez pas à nous contacter afin que nous puissions nous assurer que vous soyez bien placé pour prospérer, quelle que soit l’évolution de la situation. L’avenir du marché immobilier canadien est peut-être incertain, mais avec un accompagnement adapté, vous pourrez l’aborder en toute confiance.




